Ramassage des déchets sur les bords de l´huveaune

 Munie de mes meilleurs gants et de mes plus grandes cuissardes, me voilà fin prête pour explorer les abords de l’Huveaune. Et je ne suis pas seule ! Autour de moi, plus de 1000 participants se sont réunis ce vendredi 22 septembre pour participer à l’opération ramassage de déchets organisée dans le cadre du Contrat de Rivière. Sur une vingtaine de secteurs allant de Saint-Zacharie jusqu’au littoral marseillais, élèves volontaires, professeurs et bénévoles se sont mobilisés pour cette cause importante.

Préparée avec l’aide des organisateurs, j’ai plongé les deux jambes dans l’Huveaune à Aubagne au parc de la Botte, accompagnée d’autres courageux, à la recherche de déchets pouvant s’y trouver. Nous n’avons pas dû chercher bien longtemps avant de tomber nez à nez avec des centaines de détritus fourmillant à la surface du fleuve : sacs plastiques et sacs poubelles, canettes, bouteilles de plastique et de verre, paquets de cigarettes mais aussi pneus de voiture et même panneau de circulation ! Heurtés par cette pollution empoisonnant l’eau du fleuve, nous avons accumulé pendant plusieurs heures des kilos de déchets situés dans le lit mineur et dans le lit moyen de l’Huveaune.

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Participer à cette action fait prendre conscience de la gravité de la dégradation de l’écosystème du fleuve, en ajoutant que ce dernier a longtemps été affecté par cette pollution. En effet, dans les années 60-70, l’Huveaune été utilisé comme déversoirs naturels des eaux usées et industrielles notamment dû aux tanneries d’Aubagne qui déversaient leurs peintures à l’intérieur de l’eau. L’Huveaune va mieux mais il lui reste encore du chemin à faire pour retrouver sa qualité d’origine. Ces actions de ramassage de déchets sont donc organisées afin de sensibiliser les habitants à l’importance du milieu aquatique.

Maintenir la bonne santé du fleuve est de nos jours un défi important pour les populations locales. Si nous poursuivons nos efforts, industriels, citoyens, collectivités, nous pouvons espérer arriver à une amélioration de la qualité de l’eau et à une réconciliation entre l’homme et la nature.

Emma Charbonnier

 

Les établissements scolaires d’Aix Marseille font la course à la labellisation « E3D »

(Ecole ou Etablissement en Démarche globale de Développement Durable)

C’est le lycée Joliot Curie d’Aubagne qui, en 2016, grâce à ses nombreuses actions, a obtenu le niveau 3 de labellisation, le plus haut qu’il soit possible d’acquérir. Ses actions concrètes mises en œuvre notamment par le professeur d’histoire géographie Laurent Saint-Jours, pleinement investi dans cette cause, s’organisent autour de plusieurs sorties pédagogiques. Celles-ci s’inscrivent dans la thématique des « déchets ». C’est à travers de longues excursions aux sources de l’Huveaune et sur la baie de la Ciotat, et grâce aux interventions de l’Agglo dans certaines de leurs classes pour les sensibiliser au tri sélectif, que les élèves ont pris conscience de la dégradation de notre patrimoine méditerranéen. S’en sont suivies de multiples activités volontaires pour le respect de l’environnement. Les étudiants qui le désiraient ont ainsi collecté les déchets sur le sable des plages de la Ciotat avant de les trier et de les classer. Ils ont également exploré les fonds marins du Mugel, récoltant les ordures échouées dans la Méditerranée. Quelle tristesse de découvrir des amas de déchets à la place de merveilleux coraux multicolores ! Parallèlement à ces actions, certaines classes de seconde ont visité la ressourcerie d’Aubagne, qui est un lieu où objets et matériaux sont collectés pour être recyclés ; ils se sont aussi rendus au centre de Cadarache pour mieux comprendre les nouvelles technologies de l'énergie et de la biologie végétale. Le lycée Joliot Curie a de même entrepris des partenariats avec certaines associations comme « l’Atelier Bleu » de la Ciotat où ils ont pu ensemble entamer le projet « Calypso » traitant le développement durable à travers un diaporama exposant le nombre de déchets récoltés témoignant le sabotage de notre environnement.

Ce foisonnement d’actions des lycéens a permis de créer un grand projet nommé « Zéro Déchet » et produit par huit élèves volontaires. L’objectif de ce projet : créer une action par an pour le développement durable, comme la poubelle à ramasser les canettes, leur invention vedette de cette année. Ces élèves vont aussi avoir l’honneur de partir pendant plusieurs jours vers de splendides destinations tel que Tanger au Maroc ou encore Berlin en Allemagne. Ils y traiteront plus en profondeur la thématique des « déchets » et poursuivront leur entreprise durable au sein de ces territoires. Gageons qu’ils sauront dépasser les nombreuses difficultés telles le financement de leurs activités ou le faible nombre de professeurs engagés, et qu’ils feront perdurer cette belle démarche au fil des ans.

Quoi qu’il en soit, les élèves ainsi que les enseignants volontaires du lycée Joliot-Curie peuvent être fiers de leur investissement opiniâtre dans cette cause fondamentale qu’est le développement durable.

Emma Charbonnier

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